Pas forcément fan de comics, pas plus que je ne l'étais de manga il ya quelques années avant ma rencontre avec la série Monster, j'ai découvert pas plus tard qu’il y a deux ans, ni plus, ni moins que mon héros! Ladies and Gentlement une ovation pour The Goon ...ou comment un enfant élevé dans un cirque devient une fois adulte le seul rempart à l'invasion de hordes de zombies menées par un prêtre, d'un monde qui sombre doucement mais surement vers la désolation…enfin un état pire que la désolation!
Comment The Goon aurait pu être autre chose que mon héros??? Le dessin ci dessous traduit à l'évidence la réponse! Ceux qui pourraient me connaitre auront bien entendu été aveuglés par ce marcel blanc qui n'est pas sans rappeler celui que je revêts dans la quiétude de mes appartements en fin de journée. Aux autres je répondrais par l'affirmative à la question que je sens poindre: oui, c'est ma musculature exagérée qui a servi de modèle et donnée vie à cet exterminateur de morts-vivants! Bref The Goon c'est un peu moi... et merci à Eric Powell de ne pas avoir poussé le bouchon et être allé jusqu'à lui prêter mon visage !
Plus sérieusement -car bien entendu je suis plus musclé que lui et ne porte plus la gapette- si le Goon incarne mon héros, il l'est à retardement, avec nostalgie! Il est celui que j'aurais aimé voir surgir dans ma chambre quand je n'osais pas faire dépasser un membre (souvent un pied) de ma couette, de peur qu'un monstre ne le coupe illico, ou pire le dévore avec ces dents gâtées. Il est celui qui m'aurait permis de marcher tranquille, fier et goguenard dans ce long couloir à la nuit tombée plutôt que de traverser l'immensité de se dernier à toute blinde en faisant en sorte de ne toucher le sol que quatre fois.
Habitué à vivre dans le chaos, pas vraiment gentil mais défenseur bon gré mal gré – voir à son corps défendant – de la veuve et de l’orphelin, The Goon aurait pu être le héros des petits garçons de 5 à 10 ans. Ceux-là même qui non contents d'être ridicules dans leur pyjama n'osent pas appeler leurs parents quand ils voient défiler (si si!!) des vampires en quête de proies faciles, des revenants aux chairs putréfiées ou autres squelettes menaçants dans leurs placards!
Sinon avec la sortie de Chinatown, la série en est à son Tome 6. Même s’il s’agit d’une série cohérente je sortirai ce volume du lot. En effet, habitué à donner du grand à ses lecteurs, Eric Powel leur offre du très grand en signant seul ici une sorte de genèse du héros. La force brute y aurait même rencontré l’amour….et sous le magistral coup crayon de l’artiste on se rend compte que tout costaud qu’on soit, ce n’est pas chose facile.





