samedi 24 janvier 2009

The Goon - Eric Powel

Pas forcément fan de comics, pas plus que je ne l'étais de manga il ya quelques années avant ma rencontre avec la série Monster, j'ai découvert pas plus tard qu’il y a deux ans, ni plus, ni moins que mon héros! Ladies and Gentlement une ovation pour The Goon ...ou comment un enfant élevé dans un cirque devient une fois adulte le seul rempart à l'invasion de hordes de zombies menées par un prêtre, d'un monde qui sombre doucement mais surement vers la désolation…enfin un état pire que la désolation!


Comment The Goon aurait pu être autre chose que mon héros??? Le dessin ci dessous traduit à l'évidence la réponse! Ceux qui pourraient me connaitre auront bien entendu été aveuglés par ce marcel blanc qui n'est pas sans rappeler celui que je revêts dans la quiétude de mes appartements en fin de journée. Aux autres je répondrais par l'affirmative à la question que je sens poindre: oui, c'est ma musculature exagérée qui a servi de modèle et donnée vie à cet exterminateur de morts-vivants! Bref The Goon c'est un peu moi... et merci à Eric Powell de ne pas avoir poussé le bouchon et être allé jusqu'à lui prêter mon visage !


Plus sérieusement -car bien entendu je suis plus musclé que lui et ne porte plus la gapette- si le Goon incarne mon héros, il l'est à retardement, avec nostalgie! Il est celui que j'aurais aimé voir surgir dans ma chambre quand je n'osais pas faire dépasser un membre (souvent un pied) de ma couette, de peur qu'un monstre ne le coupe illico, ou pire le dévore avec ces dents gâtées. Il est celui qui m'aurait permis de marcher tranquille, fier et goguenard dans ce long couloir à la nuit tombée plutôt que de traverser l'immensité de se dernier à toute blinde en faisant en sorte de ne toucher le sol que quatre fois.


Habitué à vivre dans le chaos, pas vraiment gentil mais défenseur bon gré mal gré – voir à son corps défendant – de la veuve et de l’orphelin, The Goon aurait pu être le héros des petits garçons de 5 à 10 ans. Ceux-là même qui non contents d'être ridicules dans leur pyjama n'osent pas appeler leurs parents quand ils voient défiler (si si!!) des vampires en quête de proies faciles, des revenants aux chairs putréfiées ou autres squelettes menaçants dans leurs placards!


Sinon avec la sortie de Chinatown, la série en est à son Tome 6. Même s’il s’agit d’une série cohérente je sortirai ce volume du lot. En effet, habitué à donner du grand à ses lecteurs, Eric Powel leur offre du très grand en signant seul ici une sorte de genèse du héros. La force brute y aurait même rencontré l’amour….et sous le magistral coup crayon de l’artiste on se rend compte que tout costaud qu’on soit, ce n’est pas chose facile.





samedi 10 janvier 2009

Courir - J.Echenoz

« Je courrai dans un style parfait quand on jugera de la beauté d’une course sur un barème, comme en patinage artistique, mais moi pour le moment il faut juste que j’aille le plus vite possible »

Ces propos sont rapportés par Jean Echenoz, l’auteur du livre. Ils sont un condensé, l’essence même de ce héros que l’on va tenter de suivre, Emile.
Comme beaucoup de jeunes tchécoslovaques au sortir de la seconde guerre mondiale, Emile est promis à un avenir collectif en usine, une vie rythmée par la chaîne tout d’abord, puis peut être dans les ateliers spécialisés car après tout le jeune est plutôt intelligent et courageux. Emile traverse donc sa vie comme nombre de ses compatriotes et camarades des démocraties sociales ou républiques populaires situées de son coté du mur. Toutefois, dans cette vie quadrillée par la peur et le poids du régime, il arrive que le hasard se mêle à la chance pour engendrer un destin. Que l’originalité reprenne ses droits sous la forme d’un brin d’herbe extirpé d’une chape de béton.
Ainsi, le bon Emile se plie bon gré mal gré à une quelconque exigence et participe à une course à pieds. Il y va comme on dirait à reculons, d’ailleurs rien ne dit qu’en marche arrière il n’aurait pas aussi gagné. Et puis faut avouer quil vient de faire une découverte Emile : courir ça lui plait.
Le hasard a mis aux prises Emile et la cendrée, de leurs ébats aussi passionnés que désorganisés est né Zatopek. Le Zatopek. Ce nom qu’on croirait sorti du crane d’un inventeur au temps de la guerre froide. Emile s’est inventé Zatopek à mesure que celui-ci réinventait sans cesse la course de fond.

L’homme à ceci de commun avec l’athlète qu’il subit sa vie alors que le second subit cette douleur que lui inflige l’effort de la course. Pour se réaliser chaque partie doit en passer par là. Et d’ailleurs vu depuis la lorgnette du rideau de fer, tout ceci semble normal.
D’ailleurs l’auteur cale le rythme de son écriture sur le style de course de Zatopek. Tantôt à l’économie, en peu de mot, tantôt en piochant, puisant dans les réserves, allant chercher les mots avec autant de peine que l’athlète en a à terminer ses courses, le visage portant les stigmates des efforts produits aux prix d’intenses douleurs. L’auteur porte haut son héros, ce héros de tout un peuple. Tout au moins au début. Ensuite l’écriture se fait descriptive, le débit est fluide, le ton comme emprunt de fatalisme. On s’habitue aux exploits du sportif autant qu’on s’habitue aux promotions d’un Emile devenu militaire et qu’on peut ainsi garder jalousement selon la volonté des dignitaires du parti. Emile ne surprend plus mais reste une bien belle vitrine.

Puis un semblant de liberté éclaircit le ciel de Prague et ses environs. Les temps changent. Le fatalisme, il doit en être ainsi. Zatopek n’est plus une machine, lui même s’humanise en même que la mécanique se grippe. Il commence à perdre, amorce d’un déclin auquel aucun sportif n’échappe. Est-ce là le plus important ? Le moment n’est-il pas venu pour Emile de se nourrir de Zatopek. L’esprit de compétition n’y est plus, l’homme s’ouvre alors aux pays qu’il visite. Il compare les vies de part et d’autre de ce mur, et en vient à souhaiter que ce vent de liberté soit assez fort pour le renverser ?


Derrière le livre on sait bien que non. L’auteur aussi et toujours avec ses mots qui nous mène à la descente, à l’humiliation du héros. En effet, fort d’avoir vu cet ailleurs, Emile va s’opposer pacifiquement lors du printemps de Prague qui réprimera cette bourrasque devenue trop fort. Mais le sportif n’est plus et donc c’est l’homme qui va prendre le relais de la souffrance. Quoi de plus normal quand au s’oppose à la mère du régime.
Au bout de la course le citoyen Emile se confond avec la machine Zatopek, héros de toute une nation, symbole de souffrance et de délivrance. Jamais très beau, mais toujours debout.



lundi 5 janvier 2009

Simplement des jouets...ou pas

Un exemple de ces jouets pour "adultes" que certains appellent Art Toyz!

Goldorus by Mist
Ici Mist mixe son célèbre Orus au légendaire héros de ma jeunesse Goldorak. Ni plus ni moins que LE toys de l'année 2007!

Sinon, il est donc réalisé par Mist, célèbre graffiteur parisien qui allie depuis quelques années son talent artistique à sa passion pour le monde des toyz. Pour plus d'info http://www.bonustoyz.com/

Reprise

Nous y voilà, un lundi de reprise consécutif aux fêtes consacrées tout de go à la naissance de l’enfant Jésus, à l’avènement d’un vieux barbu, à la fin d’une année – et à l’espérance de tous les bonheurs placées dans celle qui suit – , aux rois mages enrobés dans la frangipane. La rame est pleine d’individus au teint jaune et au nez rouges, signes d’abus de tables, d’éclairage peu flatteur et d’un sacré frima.
Les Clash raisonnent dans mes oreilles et vu le niveau sonore, doivent atteindre aussi celles de mes voisins. Les morceaux défilent. Une musique de prolétaire efficace que ne renie pas le paysage traversé. Cheminées d’usine, zone industrielle, ou encore cette cité aux briques rouges d’une ville de la banlieue tout aussi rouge, défilent à mesure qu’avance mon train. Mes mâchoires sont crispées, la tension musicale est communicative, et j’attends avec impatience le lancinant « I stayed around and played around » de Mikey Dread et qui annonce les premières notes d’Armagideon Time. Vite, que le dub s’égraine, fasse son œuvre de détente et me donne envie d’aborder avec un léger sourire cette semaine estampillée numéro un dans mon agenda professionnel.

En attendant il neige et chacun a pris ses précautions vestimentaires. Pour faire vite, des sièges en cuire dit « orange ferroviaire » sur lesquels est disposé un panel d’individus offrant un joli camaïeu façon chasse en plaine, allant du marron au kaki le tout assorti à d’hypothétiques bonnets voir même des chapkas. Sous les couvres chefs des visages tellement perdus, qu’on croirait qu’ils sont punis. Un wagon entier de gens pas sage et visiblement oubliés lors de la distribution de Noël.
Ceci étant une question me vient à l’esprit : suis-je suis plus élégant ou présentable, avec ma parka chocolat, et mon gros casque stéréo sur la tête qui me sert autant de diffuseur musical que de cache-oreilles ? Et je devine alors que ceux qui me connaissent diraient non sans moquerie à la lecture cette dernière utilisation de l’objet « d’où la taille du casque »…

Alors, Joe Strummer porté par sa voix cassée inégalable me glisse –de façon brutale tout de même – à l'oreille « this is the city of the dead! ».
Pas faux Joe.

dimanche 4 janvier 2009

Décollage

J’ai promis. Je prends le temps mais en général je me fais fort d’honorer mes engagements. La promesse à ceci de spéciale qu’elle cèle l’engagement entre un individu censé planer à dix mille et un être virevoltant, aux aguets. Dans le règne animal il s’agirait de la rencontre d’un goéland et d’un colibri.

Certes en tant qu’humain mes préoccupations sont celles de mes semblables, je ne déroge pas à la règle. En ce moment tracas obliges, des séries us tombées je ne sais comment dans l’escarcelle de mon disque dur sont devenues mes meilleures amies. Pour le reste, je prends des jouets en photo (même si pour faire adulte ce milieu préfère évoquer les vinyl toys, les Art toys, limiter leur vente au plus de 180 mois), j’agrémente mes trajets ou mes nuits agitées de lectures, et quand je lève la tête de mon bouquin j’en profite pour inventer une vie aux êtres qui m’entourent, de préférence des inconnus croisés dans la rue, dans les transports en commun.


Quelque soit la forme, il s'agit d'un blog parmi les autres, qui sera truffé de lieux communs, d'envolées à la mord moi le nœud ou à l'emporte pièce pour les douillets, de fautes d'orthographe et de goût aussi sûrement.

Mais voilà j'ai promis, il faudra donc supporter tous ces maux!